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Domaine François Rousset-Martin

Nevy-sur-Seille

Beaucoup de monde cherche à goûter ses vins, mais peu arrivent à le trouver. Situé dans la vallée sous Château-Chalon, dans le minuscule village de Nevy-sur-Seille, François ne vinifiait jusqu’à il y a peu, que 3 hectares sur les 10 que compte le domaine. L’homme, modeste et réfléchi, ne se sentait simplement pas assez sûr de lui pour encaver la totalité.

 

Au fur et à mesure des années, il a testé, dégusté et échangé avec d’autres vignerons. Depuis 2018, il vinifie tout avec une précision rarement égalée dans la région. En commençant la dégustation, on devine que François est ce que l’on appelle populairement une « fine gueule ».

Amateur des grandes tables, il l’est également des beaux flacons et nous complimente sur notre éventail de vignerons bourguignons et champenois. « Prieuré-Roch, Bizot, Colin-Morey, Bouchard,… Mince, que des gars que j’adore » nous lâche-t-il en souriant.


Nous dégustons d’abord la cuvée Mémé Marie 2018, qui vient d’être mise en bouteille. Assemblage de 85% Chardonnay et 15% Savagnin. Le tout issu de 2 parcelles. Le nez est généreux avec de petites notes fleuries. C’est éclatant. La bouche est ample, volumineuse et se termine par de légers amers très appréciés. Nous sommes d’emblée conquis.

 

François nous emmène ensuite près des barriques de Chardonnay pour déguster 3 lieux-dits différents.

La Chaux offre un vin d’une belle pureté. Le nez est envoûtant avec des arômes de fleurs blanches et de foin. L’ensemble est ample mais frais. Les vignes sont issues du côteau de Château-Chalon.


Les Terres Blanches, sur le secteur de Lavigny, affirme sa personnalité un peu plus en tension tout en laissant percevoir un peu plus de douceur. C’est un vin subtil.


Toujours sur Lavigny, Les Gravières, s’il avait été dégusté à l’aveugle, ne nous aurait jamais fait penser à 2018 tellement le vin est en tension. La salinité typique de ce secteur se fait admirablement ressentir. Quelle franchise !


François nous explique un peu sa vision du vin et de la vigne : Bio sans être certifié (l’homme n’aime pas entrer dans des cadres), vinifications naturelles, son but serait d’atteindre des élevages de 2 à 3 ans sur fût avant de pouvoir commercialiser ses vins ouillés. Il est très fan de Labet et de Ganevat, et ça se goûte.


A peine la bonde de fût de Savagnin ouillé du Clos Bacchus enlevée et le vin versé dans notre verre, on s’envole sur un nez aux notes d’acacias, de foin et d’élevage très fin. La bouche est de grande ampleur mais sans aucune lourdeur. Que c’est bon…


Située juste sous la roche de Château-Chalon, la Cuvée du Professeur se dévoile plus élancée avec des notes d’amandes fraîches. La finale est dynamique et explosive.
Nous sommes impressionnés par ces vins ouillés (non-oxydatifs) qui comptent parmi les meilleurs que nous ayons pu boire dans le Jura. Tous sont nets, propres, précis, tracés et vibrants.


François possède un peu de rouges et nous propose le Pinot Noir « Cuvée 909 », en lien avec la « Cuvée 910 » de Julien Guillot. Elle énonce la date à laquelle une poignée de moines jurassiens ont quitté Beaume-les-Messieurs pour aller créer l’Abbaye de Cluny. Le nez est une bombe de fruits rouges croquants au côté frais. La bouche, très légèrement tanique, possède une belle profondeur et reste tout à fait digeste. Un super canon.


Sans nul doute, François Rousset-Martin est pour nous une découverte majeure de cette année 2020.

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